A PROPOS DU PLU

L’ADESE qui a recentré son activité sur le quartier des Mauvallats est fort inquiète de certains points du PLU. Elle a décidé de se mobiliser sur deux d’entre eux.

1. PROJET D’AMENAGEMENT DU « BOIS DU ROY »

C’est le plus préoccupant car il est incompatible avec les directives du SCOT et la philosophie générale qui préside actuellement aux projets urbains. Il consiste à octroyer la construction de plus de 100 habitations (fussent-elles « légères ») dans un des lieux les plus beaux d’une zone naturelle à protéger, une des dernières à parcourir pour les piétons sur des chemins bordés de murets de pierres, maintenant que la campagne a disparu autour de Sommières au profit d’une urbanisation galopante.
Ce projet participe à une véritable mitage en constituant un îlot privé densifié (parcelles à 800m2) dans un site jusque-là épargné classé ND et à présent déclassé bien que cerné de zones Aa (zones à protéger).
Tout le monde sait ce que vont advenir les habitations dites « légères » pour lesquels on juge bon d’acheminer eau et électricité, élargir les voies d’accès (pire en ouvrir pour y accéder) alors que certains secteurs près de la ville n’en sont pas dotés.
Autre inconvénient majeur : la circulation venant de la route d’Aubais est saturée (voir à la limite de l’étouffement) aux abords de Sommières (Quai Gaussorgues) : qu’en sera-t-il des plus de cent véhicules (auxquels il faut adjoindre ceux des parcelles rendues constructibles dans ce secteur et ceux des immeubles prévus, soit quelque 300 véhicules en tout ) ?
Laissez aux promeneurs ce dernier secteur laissé aux piétons pour profiter de la campagne sommiéroise.
Il est écrit dans le PLU
« Il s’agit d’une localisation idéale, dans un vaste espace naturel, à proximité immédiate d’un terrain de camping et de la voie verte…Le Bois du Roi vient constituer un complexe très attractif au niveau touristique » : de qui se moque-ton ? En quoi, 100 parcelles loties dans un espace privé peuvent-elles constituer un « complexe très attractif au niveau touristique » ? C’est bien le contraire. Le complexe est attractif pour les propriétaires qui ont acheté une bouchée de pain du terrain de garrigue et vont ainsi réaliser « une bonne opération ». Mais les promeneurs, les touristes, comme la beauté du site lui-même, ont tout à perdre de cette opération uniquement destinée à servir un groupe d’intérêts privés au détriment du paysage, des lois d’orientation de l’urbanisation. Les mairies précédentes – depuis 1980 - avaient renoncé à ce projet, comme celle de Junas l’a fait pour un projet identique et pour les mêmes raisons que nous invoquons.
L’ADESE juge inadapté et dangereux pour l’environnement ce projet et demande que ne soit pas déclassée cette zone naturelle qui relève du patrimoine paysager de Sommières.

2. AMENAGEMENT CHEMIN DE GAILLARDET ET CHEMIN DU SAUT DU CHEVAL

L’aménagement projeté dans ce secteur traduit une incohérence en matière de zonage et une incompatibilité avec les prescriptions du SCOT et les nouvelles lois de l’urbanisme soit : densification de l’habitat dans la continuité de l’existant plutôt que mitage. Là aussi, les intérêts privés semblent avoir été davantage été pris en compte que l’intérêt public.
Le projet prévoit de faire basculer en zone constructible 10500 m2 d’une propriété dite de « La Violette » : pourquoi pas ? Ce fonds se situe dans la continuité du tissu urbanisé, à proximité de la ville. Mais pourquoi le fonds situé en face de l’autre côté du chemin de Gaillardet reste très paradoxalement et contre toute logique, en zone non constructible, créant une enclave en zone urbanisée et un découpage incohérent. La raison invoquée par la municipalité à cette aberration du zonage est le souhait du propriétaire de rester en zone non bâtie. En est-ce une ? Cela semble d’autant plus incohérent que le fonds devenu constructible en face pourrait, selon la définition de la zone II AUD (cf. pp.257-259 du Rapport de Présentation et pp. 109-122 de "Réglementation"), être destiné à la construction de petits immeubles sur 2100m2, mitoyens de 3 niveaux en continu le long du chemin Gaillardet.Comment assurer la viabilité d’un tel bâti sans l’aménagement d’une nouvelle voie qui viendrait encore grever l’accès à Sommières par la route d’Aubais déjà saturée (étranglement au niveau du Pont Romain) ?
Le découpage en dentelle s’accentue encore par le fait qu’après avoir laissé une zone en secteur IAub (on ne s’en plaindra pas) les parcelles dans la continuité de la Violette, de nouvelles parcelles auparavant situées en zone verte, loin de la ville, se voient accorder la constructibilité IIAUc. Là aussi, un point nos préoccupe : dans ce nouveau secteur, les propriétaires prennent en charge les frais d’équipement collectif. Soit. Mais cette disposition ne concerne pas les habitants déjà résidents, et elle inclut abusivement les deux seuls fonds non encore constructibles situés dans le triangle entièrement urbanisé et formé par le chemin Paillassonne, le chemin de Gaillardet et celui du saut du Cheval. Or ces deux fonds ont leur accès par ailleurs, l’un (appelons-le X) par le chemin de Paillassonne et l’autre (Y) par celui de Gaillardet, et ils sont pourvus d’eau et d’électricité. Bien plus grave, le propriétaire du fonds Y s’acquitte depuis des années de la taxe d’habitation de son mazet. Le projet envisage même d’aménager une impasse jusqu’à son terrain alors que son accès très large se fait sur le chemin de Gaillardet ! En cas de refus de sa part de s’acquitter de frais d’équipement dont il ne profitera pas, on le menace de le priver de droit de construire. Ne sont-ils pas pris en otage pour participer aux frais du nouveau réseau qui ne concerne que quelques parcelles appartenant, il est vrai, non à des « Parisiens », comme ceux de X ou Y, mais à des élus locaux ou apparentés... ?
L’ADESE souhaite que soit remédiée à cette incohérence, voire cette injustice.

P.S. : un des propriétaires en "indivis" de la Violette nous fait savoir - par lettre recommandée, s'il vous plaît- que le fonds en question "sera découpé en 6 terrains de 1500m2 chacun sur lesquels il ne sera possible de ne construire qu'une villa." L'ADESE en est fort aise... Les supputations du texte s'appuyaient sur les dispositions réglementaires du document du PLU qui rendent l'hypothèse plausible.